• J'étais bonne pour placer la boule

    Lui, bon tireur

    Si bien que le jeu consistait, pour lui

    A dégommer mes boules bien placées

    Sans arrêt.

     

    Je suis bonne poire

    Mais faut pas exagérer !

    Quand je lui ai dit que je voyais

    Sa stratégie, que son but n'était pas de jouer

    Avec moi, mais de me ratatiner.

     

    Il me dit d'un air hautain

    « Mais tu pourrais comprendre que je m'entraîne ! »

    Là j'ai vu le phénomène ! Je n'existais pas

    Nous vivions en couple, et pour lui je n'existais pas

    Ce jour la rupture en moi.

     

    Après qu'importe le temps, les chemins empruntés

    Après ce jour-là, il courrait le chemin

    Je me libérais de l'emprise de cet homme-là

    Sans drame, sans excès, avec assurance

    C'était déjà accompli.

     


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  • « Mon père, pardonnez-moi parce que j’ai beaucoup péché. »

    De l’autre côté de l’isoloir, elle savait l’homme jeune et beau qui écoutait. Il y avait peu qu’il était arrivé celui-là, et le dimanche à la messe les belles venaient rien que pour le voir, elle les avait remarquées.

    Comme d’hab, elle s’accusa de ce qui à la maison faisait des crises depuis la plus tendre enfance, en ces mots familiers : elle avait piqué de la nourriture. Même qu’elle se souvenait de cette chose incroyable, de la mère quittant un moment la maison pour une course, et qui ce jour là, avait…

    Oui, elle avait montré à l’enfant la tapette à souris, comment cela se déclenchait, que les doigts si menus resteraient coincés dedans ce piège, si la voleuse venait à lever le couvercle de la boîte à pain pour commettre quelques larcins de cette pâte dorée et croustillante. La tapette à souris fut placée là.

    Incrédule l’enfant avait suivi du regard la démonstration de la mère, se disant : « Ce n’est pas possible, elle ne peut pas vouloir cela… »

    Pour autant, elle n’avait jamais cessé de flirter avec le mal, et régulièrement se laissait aller à quelques péchés de gourmandises. Soulever le couvercle du pot de crème fraîche et caresser du doigt, ou encore quelques pincées de gruyère râpé dans son emballage de papier... Venait toujours ce moment, où le penchant l’emportait, et ainsi mettait en évidence sa forfaiture, et les cris de la mère.

    De l’autre côté de l’isoloir, un rire moqueur : « Mais ce n’est pas un péché que de manger quand on a faim ! »

    Elle se trouva un peu vexée devant l’évidence de sa naïveté, celle que l’on concède par peur. Mais, en même temps, libérée du jugement de ses aînés.

    Elle rentra, et déclara fièrement que l’abbé avait dit que … Elle prit réjouissance à la mine déconfite des parents.

    Voilà que leur bon dieu, les rappelait à l’ordre !

     

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  • Le refus aura fait désespérance

    Tendre les mains vers la lumière

    Alors qu’il n’y a rien d’autre à faire que de vivre.

     

    En soi, qui est au-delà du moi, se dit

    Et s’entend la perfection du monde.

     


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  • Il y a celui de la maison, au-delà les bruits du voisinage…

    Il est des maisons qui accueillent le silence, j’en ai connues, il a fallu les quitter. Ces maisons sont de vieilles pierres, entourées d’un grand jardin où la végétation est dense, de cachettes pour les enfants, de coins frais pour l’été. On s’y promène volontiers, regarder les arbres pousser et les fleurs s’ouvrir au petit matin, s’asseoir près de la margelle, se pencher au-dessus du puits. Le soir, le soleil vient caresser de ses longs cheveux, puis la nuit y murmure son chant profond.

    En cette maison, le silence s’est fait absence, il sonne comme du métal qui tombe sur le carrelage. Il parle d’un vide qui ne peut jamais se remplir. Alors, le laisser sortir de la maison, c’est facile, les fenêtres sont toujours ouvertes. Là il se remplit du chant des grillons et du parfum du jasmin, parfois des nuits torrides des crapauds, mais il ne devient pas encore familier.

    Il est des endroits particuliers, des endroits qui bruissent, j’en ai connus, il a fallu les quitter. Ils parlaient de ventres chauds, de sous-bois parfumés et habités, de rivières vivantes, de la plaine qui tremble sous le soleil de Juillet, et aussi au cœur de l’hiver, des embruns de l’océan. Ils parlaient de gothique, de roman, de ruelles aux pavés décousus, de vieux bistrots, de caves voûtées.

     C’est le ciel, vacuité, qui enfin l’accueille ce silence, il s’ouvre sur l’infini,  plus loin, plus définitif, sans désir de retour sur la douceur du souvenir.

     

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  • Un jour j’ai reçu une carte, une barque sur un étang

    Vide la barque, désert l’étang …

    La légende disait :

    « On ne quitte pas l’embarcation dans laquelle dieu nous a mis »

    Reproche, même pas déguisé, pour avoir quitté la grappe, je devrais dire le grenier, je viens du plat pays, grenier à blé de la France, la Beauce...

    Verte fut ma réponse :

    « Dieu que vous dites notre père à tous, serait-t-il assez fou pour mettre ses enfants dans un si beau jardin tout en leur interdisant de le découvrir ? »

     

    Aujourd’hui je sais derrière la critique, la souffrance

    Qui ne peut se dire, d’avoir vu partir…

    Que partir cela parle de la mort, et que la mort !!!

    Ce qu'ils peuvent en avoir peur de retrouver leur dieu là-haut.

     

    Mais aussi, cette barque glisse sans bruit

    Elle n’est plus d’un pays, d’une famille

    Elle porte le nom de «Chemin de vie »

    Aucun dieu ne décide de cela, cela se fait.

     

    Dans la paix du soir, voir prendre fin

    Ce qui faisait écartèlement entre ici et là-bas

    Je suis cela, qui entend le souffle du monde

    Des évidences, dans la nature, dans la voix de l’ami

    Et qui marche encore dans le monde des lamentations.

     


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  • Tu nous as quitté les enfants et moi, après de longs mois d’errance. Lorsque tu as tiré la porte derrière toi, j’ai su que cette fois-ci tu ne reviendrais pas. Et c’est soulagement que j’ai ressenti.

    Quelques jours plus tard, alors que les enfants étaient chez mes parents, me suis couchée en plein après midi tellement fatiguée. Seulement le lendemain en fin de journée me suis réveillée, j’avais dormi plus de 24h d’un sommeil profond, sans rêve, sans souvenir.

    Longue marche avec les petits, trouver du travail à Paris, un logement, tirer le diable par la queue, lutter contre le désespoir, être là pour eux.

    Vivre sans même le souvenir de toi, comme si tu n’avais jamais existé. C’était comme ça au fond de moi.

    Un jour tu es revenu, et là, j’ai appris que tu t’étais engagé à la légion étrangère. Je t’ai rencontré à Paris, je ne t’ai pas reconnu, tu étais arrogant, même pas seul, accompagné d’un autre légionnaire. Votre régiment avait défilé pour le 14 Juillet, tu en avais profité pour filer, et rentrer en contact.

    Tu voulais voir les petits, j’ai refusé, les protéger, de ce que je voyais là.

    Là, je ne t’ai plus aimé du tout.

    Tu es retourné à Calvi, tu as fait des jours de cachot, et tu as commencé à m’écrire, et deux mandats sont arrivés.

    Puis plus rien …

     

    J’arrivais de bonne heure au travail, ainsi le soir je rentrais tôt, chercher les enfants à l’école. J’étais encore seule dans le bureau lorsque le téléphone a sonné.

    Maman, voix sèche, me demandant, si dernièrement j’avais eu de tes nouvelles, pour m’annoncer que tu étais mort.

     

    Une émotion, fulgurante, terrassante. Suis revenue, d’un coup à ce temps, où je ne respirais qu’à travers toi, et je t’ai vu, avec ton grand manteau noir dans la cage de l’escalier à m’attendre. C’était à Alfortville où notre premier enfant est né.

    Souvenirs en cascade…

    Au début de notre relation, un après-midi, tu avais pris peur, que je ne te quitte avec ce bébé en mon ventre, tu étais là dans le couloir sombre à m’attendre. J’avais ri de tant d’inquiétude. Je t’avais pris dans mes bras et je t’avais consolé.

    Enfin, cela défilait comme happer par cette unique image de toi dans ton grand manteau, m’attendant…

    Et le trou que je sentais là, c’est elle qui le recevait, pas seulement pour ta mort, mais pour ce départ en un si grand désarroi.


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  • Ben, franchement si je croyais dur comme fer à un créateur, tout puissant dans les cieux, sûrement j'aurai vraiment peur... Encore que l'enfant défiait cet omniprésent, juge suprême.

     

    Oui, mais c'est parce qu'il y avait de la crainte et donc de l'injustice que l'enfant téméraire le toisait ainsi. Comment cette croyance a-t-elle pris fin ?

     

    Elle avait 11 ans, la sixième au collège, découvrir qu'il existait d'autres croyances, que des personnes croyaient à autre chose. Ils marchaient sur le feu, sans se brûler !!! Elle se hâta de rentrer et alla voir le père, elle lui confia sa surprise, toute innocente qu'elle était... le père avait eu jusqu'alors une place privilégiée dans son théâtre familiale. Mais là, franchement ! Il ne fut pas à la hauteur : « On doit croire sans poser de question, c'est ainsi que Dieu le veut ! »

    Oh putaing ! Elle n'a rien dit, mais... plus qu'une lézarde dans le mur qui avait été sans faille, cette brèche n'aura de cesse de s'agrandir...

     

    Ouverture mon amie, la confiance dans l'ouverture ! Ça c'est vraiment grand, infini parce que... jamais fini.

     


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